La solidarité réciproque à Mornant : encore du vent médiatique

Lors du conseil municipal du 3 décembre 2018, la majorité municipale a présenté et voté la délibération 91/18 portant sur une Convention d’insertion professionnelle de demandeurs d’emploi.
Les élus du groupe Agir Ensemble Pour Mornant ont fustigé une nouvelle fois à cette occasion le dispositif de « Solidarité réciproque » mis en avant médiatiquement par le maire de Mornant.

Nous sommes évidemment favorables à toute aide qui peut être apportée à l’insertion professionnelle.
La convention qui nous est proposée va dans ce sens, mais elle fait référence à un dispositif que nous avons condamné à plusieurs reprises.

Nous avons bien-sûr pris connaissance de l’article du Progrès d’aujourd’hui, et il nous amène à penser que cette opiniâtreté que vous mettez à vous justifier est bien la preuve qu’il existe un doute sur le dispositif solidarité réciproque. Pourquoi insisteriez-vous autant si vous étiez certains d‘être dans le vrai ?
[Nous tenons] ici à [nous] excuser auprès des élus qui s’agacent de l’évocation récurrente du sujet « solidarité réciproque ». Ils [nous] l’ont fait savoir en commission ou au CCAS. Mais ce n’est pas nous qui l’avons mis à l’ordre du jour. La démocratie a ses exigences. Nous sommes donc obligés, une fois de plus, d’y revenir.
Rappelons donc que nous sommes contre le dispositif de solidarité réciproque pour plusieurs raisons :

  1. Il ne respecte pas le principe de confidentialité des aides accordées par le CCAS.
  2. Dans la transaction que vous proposez, l’autorité municipale est utilisée pour faire pression sur une personne en difficulté. Le principe d’égalité est bafoué.
  3. La liberté de choix n’étant pas réellement assurée, cette façon de sélectionner les candidats à l’insertion est un facteur de discrimination.
  4. La sollicitation du CCAS est la forme la plus humiliante du recours à l’aide publique, parce que dans un village, on se connait tous. Accepter le marché que vous proposez, c’est prendre le risque d’être vu comme un profiteur potentiel, ou comme quelqu’un qui n’a pas su gérer son ménage, ou comme un marginal. Alors qu’un accident de la vie peut toucher chacun d’entre nous, chacun de nos enfants ! Et ce n’est pas l’inscription sur un fichier du bénévolat, parmi d’autres noms, qui rend la démarche invisible. Affirmer le contraire, c’est méconnaître ce qu’est un village.

Nous avons lu attentivement l’article du Progrès de ce jour. Mme P explique : « Ils m’ont seulement rendu la monnaie de ma pièce », donc elle était déjà bénévole avant ; Mme D était déjà elle-aussi, comme d’ailleurs beaucoup de retraités, dans une démarche de bénévolat ; Monsieur C quant à lui a demandé une aide « il y a 2 ou 3 ans », c’est à- dire bien avant que le dispositif soit ce qu’il est devenu en septembre 2017. Au demeurant, à l’époque où ce monsieur a demandé une aide, le CCAS était dirigé par une Assistante sociale diplômée, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Enfin, dans l’encadré intitulé Une quarantaine de bénéficiaires, c’est tout simplement du story-telling, procédé bien connu en communication politique. Par ailleurs, le chiffre de 40 est invérifiable..

Toutes ces explications à sens unique ne sont que l’expression d’une opinion, la vôtre, M. le Maire. Le débat contradictoire fait défaut. Comme si cette idée, géniale selon vous, allait de soi. Alors qu’elle n’est que la manifestation d’une pensée politique qui cherche à faire porter le poids des difficultés de la société sur les plus fragiles d’entre nous.

Signer une convention pour l’insertion c’est bien. Mais pourquoi ne pouvoir le faire qu’en référence à ce dispositif solidarité réciproque ? Pourquoi cherchez-vous à nous faire valider à tout prix ce qui n’est, on le constate en lisant l’article que [nous venons] de citer, qu’une imposture ! Parce que pour nous, ce machin réciproque, c’est simplement du vent médiatique, de la poudre aux yeux électoraliste. C’est un pur produit d’agence de communication. Oui, nous sommes dans une société où ce genre de pratique fonctionne. Parfois, la vérité n’est plus ce qui est, mais ce qui paraît. [nous allons] vous faire un compliment M. le Maire, dans votre fonction, vous être un magnifique sujet médiatique ! Vous offrez à certains medias des kits idéologiques bien ficelés qui alimentent leur audience.

Par conséquent, pour ne pas nous prêter à une telle mascarade, nous affirmerons une fois de plus que nous soutenons le principe d’une aide communale à l’insertion professionnelle, mais que cette aide ne doit pas être soumise à condition. Chacun y a droit, sans être obligé de se plier à un marchandage indigne.
C’est pourquoi, si la référence au dispositif solidarité réciproque n’est pas supprimée de la délibération et de la convention, nous nous abstiendrons.
Dans cette hypothèse, nous n’ignorons pas que vous pourrez ainsi vous targuer d’avoir obtenu gain de cause, et nous montrer du doigt en prétendant que nous refusons de voter les aides à l’insertion. Mais les Mornantais qui nous soutiennent savent ce que valent nos engagements.

A présent, si vous respectez vos habitudes, vous allez reprendre la parole, et vous allez nous accabler de votre condescendance et de votre mépris. Vous allez choisir un mot ou une phrase que vous sortirez de son contexte et que vous brandirez pour nous ridiculiser, comme vous l’avez déjà fait, ainsi qu’on vous l’a enseigné chez les vieux chevaux de la politique. Vous allez nous servir pour la millième fois le sermon de votre compétence et de notre ignorance, de votre créativité et de notre conformisme, de votre ouverture et de notre sectarisme. Ou de notre dogmatisme, comme l’a suggéré Madame la Première adjointe avant la présente intervention.
Mais nous savons qui nous sommes, M. le Maire, et les Mornantais le savent aussi !