Non à la subvention de kits éthanol

Lors du conseil municipal du 3 décembre 2018, la majorité municipale a présenté et voté la délibération 92/18 visant à ce que la commune subventionne, via le CCAS et pour des habitants de Mornant, la pose de boitiers éthanol par des garagistes locaux sur le moteur de véhicules à essence.

Cette proposition de délibération nous a un peu surpris… c’est sans doute la première fois que nous entendons parler ici de mobilité, de transport… sous l’angle d’une nouvelle opération en faveur du pouvoir d’achat pour les mornantais. Première surprise, ceci est présenté comme étant dans la continuité de la « mutuelle des mornantais » et de « l’énergie des mornantais ». Monsieur le Maire s’est toujours vanté que ces deux opérations ne coûtaient pas un centime au budget communal… alors que la pose des boitiers éthanol seront eux, bien subventionnés par nos impôts, au bénéfice de la nouvelle station-service sur la CD42 qui à notre connaissance est la seule du secteur qui propose de l’éthanol.

Il est mentionné, dans la délibération proposée, que notre territoire dispose d’une offre extrêmement faible de transports en commun, remarque que nous ne pouvons qu’approuver. Après avoir affiché votre opposition à l’A45, pure produit du « tout voiture », il est incohérent que la première mesure que la majorité municipale prenne dans ce domaine concerne le soutien à la voiture individuelle plutôt que le soutien aux transports en commun.

Evidemment, même si les transports en commun étaient performants sur le secteur, la voiture individuelle ne sera pas abandonnée de sitôt. Mais le type d’agro-carburant que la majorité municipale propose de soutenir est-il vertueux du point de vue environnemental ?
Comment est fabriqué l’éthanol ? A partir des filières « sucre » et « amidon » (betterave, canne à sucre, blé, maïs, etc…
Quelle est la performance énergétique de l’éthanol ? Il faut savoir que la chaine de production de l’éthanol est très énergivore : culture intensive de la betterave par exemple, avec engrais et pesticide, puis fermentation et distillation : une unité d’énergie d’éthanol produit à partir de betterave a nécessité 0,7 unité d’énergie fossile dans toute la chaîne de fabrication. Et le bilan est encore pire lorsqu’il s’agit d’éthanol de maïs, puisque dans ce cas, il y a la même quantité d’énergie dans l’éthanol que toute l’énergie qui a été nécessaire dans la chaine de production : gain = zéro. En résumé, la chaîne de production de l’éthanol permet de réaliser dans le meilleur des cas 30% d’économie d’énergie et 0% sur certaines filières, et ceci avec une très forte utilisation d’engrais et de pesticides sur des terres qui auraient pu servir à un usage alimentaire.
Et comparons par exemple avec une autre filière de mobilité : un véhicule électrique + installation photovoltaïque : 1 hectare de betterave permet d’alimenter 8 voitures à moteur thermique effectuant chacune 10 000 km/an. 1 hectare de panneaux photovoltaïques permet d’alimenter 660 voitures électriques effectuant chacune 10 000 km/an : un rapport de 80 entre les deux filières !

En résumé : soutenir le développement de la filière éthanol, c’est soutenir une filière qui n’a aucun avenir énergétique, qui pèse lourdement sur les finances publiques pour subventionner les producteurs betteraviers et céréaliers. Le résultat final est effectivement moins coûteux pour l’instant pour le client final, mais à quel prix pour la collectivité !