La moralité des gens de gauche n’est pas contestable

Réponse à l’article de Lyon Capitale du 21 novembre 2016

Les gens de gauche – élus ou non, c’est une démarche personnelle indépendante d’éventuels mandats – qui sont allés voter aux primaires de la droite l’ont fait en conscience, uniquement animés par le sens du bien commun. Ils n’en tirent aucun bénéfice personnel. Ils n’ont causé de tort à personne, sauf à ceux qui auraient un intérêt personnel à voir désigner un candidat particulier.

Les gens de gauche qui sont allés voter aux primaires de la droite l’ont fait à titre individuel. Ils en ont parlé, débattu, ils ont échangé des arguments. Chaque participation n’engage que son auteur. La responsabilité individuelle est une valeur républicaine, comme la liberté de conscience.

En 2002, au second tour des présidentielles, les gens de gauche sont allé voter massivement pour Jacques Chirac, candidat de la droite, afin de barrer la route à l’extrême-droite. On n’a entendu personne de la droite républicaine pour dire qu’ils s’étaient déshonorés !

Aux dernières élections régionales, notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur, les gens de gauche ont voté pour le candidat de la droite républicaine qui sans leur engagement aurait été battu par l’extrême-droite ; alors même que cette droite républicaine avait annoncé qu’elle n’appellerait pas à voter pour le candidat de gauche dans une situation analogue. Personne à droite n’a contesté la moralité de ces électeurs !

Alors aujourd’hui, ces gens de gauche – ils ne prétendent pas représenter toute la gauche -, qui participent aux primaires de la droite, ils disent simplement qu’en 2017, si les circonstances les amènent à faire barrage à l’extrême droite, ils peuvent légitimement donner leur avis dès à présent dans une primaire ouverte.

Yves Delorme et Benjamin Lauginie
le 22 novembre 2016

Article de Lyon Capitale du 21_11_2016